Avec une activité en berne, un chiffre d'affaires en chute libre et un endettement de 12 millions d'euros, la fonderie de Vaulx-en-Velin pourrait licencier 100 salariés
Le tribunal de commerce de Nanterre a placé Florence et Peillon en redressement judiciaire. En cessation de paiement, la fonderie de Vaulx-en-Velin, sous-traitante de l'industrie automobile, a vu ses activités baisser de 35 à 40 % ces derniers mois. Le chiffre d'affaires, qui s'établissait à 57 millions d'euros en 2007, ne devrait pas dépasser 30 millions d'euros cette année.
Karim Gasmi, délégué FO, représentait les 358 salariés lors de l'audience jeudi dernier. « Pour la direction, la seule solution, c'est d'équilibrer le budget, avec un plan de restructuration pour trouver un repreneur. L'entreprise pourrait supprimer une centaine d'emplois », affirme-t-il. « Compte tenu de notre baisse d'activités, des mesures de réduction d'effectif sont indispensables. 100 licenciements, c'est un ordre de grandeur. Mais ce n'est pas par voie de presse qu'on peut l'annoncer. Et il nous manque encore des informations des clients pour élaborer un plan de restructuration », affirme Jean-Paul Bos, directeur de l'entreprise.
Selon M. Gasmi, qui représente l'intersyndicale FO / CFE-CGC, « Les salariés sont plutôt résignés. Ils savent que nous sommes obligés d'en passer par là : c'est la restructuration ou la liquidation. Il vaut mieux sauver 250 salariés que la fermeture. Mais les gens sont bien déterminés à ne pas partir les mains vides. Nous exigeons une prime extra-légale de 30 000 euros pour chaque licenciement qui surviendrait dans les deux ans à venir », affirme-t-il. La somme n'est pas donnée au hasard : c'est celle qu'ont obtenue les salariés licenciés de la société Rencast, qui appartenait elle aussi au groupe Zen. Avant même l'annonce du plan de restructuration, les syndicats FO / CGC demandent avant lundi des assurances sur ces primes. « Si on n'obtient rien, on se mettra en grève. Nous sommes les seuls à fabriquer certaines pièces, et un blocus pourrait arrêter des chaînes de production », prévient M. Gasmi.
« La direction nous a fait miroiter cette prime de 30 000 euros, qui serait payée par nos clients. Pour créer de la confusion. Cela divise les syndicats et les salariés. Une prime de 30 000 euros, ça ne fait pas vivre une famille bien longtemps. Et où trouver ailleurs du travail ? Nous, on refuse les 100 licenciements : ils ne sont pas justifiés. Cette année, 160 salariés, en comptant les 113 intérimaires, ont quitté l'entreprise. Cela correspond au tiers de l'activité perdue. Il faut se battre pour le maintien de l'emploi », affirme pour sa part le délégué CGT, M. Habibou.
Laurence Loison